Michael Burry a gagné $100 millions en prédisant la crise des subprimes de 2008, mais depuis, son bilan est celui d'un "permabear" qui a raté l'essentiel du bull run historique de 2009-2025.
Ses prédictions catastrophistes se sont révélées fausses dans environ 71% des cas selon les analyses disponibles. Plus révélateur encore : il vient d'annoncer la liquidation de son fonds Scion Asset Management en octobre 2025, avouant que son "estimation de la valeur des titres n'est plus, et n'a pas été depuis un certain temps, en phase avec les marchés."
Le coup de génie de 2008 : une légende méritée
L'histoire de Burry est celle d'un médecin atteint d'Asperger qui, grâce à une analyse obsessionnelle des prospectus de prêts hypothécaires subprime, a identifié ce que personne d'autre ne voyait. Dès 2005, il a convaincu Goldman Sachs et Deutsche Bank de lui créer des *credit default swaps* — des instruments d'assurance contre la faillite de titres adossés à des créances hypothécaires. Pendant deux ans, il a payé des primes colossales (~$100 millions) pendant que ses investisseurs se révoltaient.
Le résultat final fut spectaculaire : +489% de rendement net entre novembre 2000 et juin 2008, contre seulement +2% pour le S&P 500. Scion Capital a généré $725 millions de profits pour ses investisseurs, et Burry a personnellement empoché $100 millions. Christian Bale l'a immortalisé dans The Big Short. Ce trade reste l'un des plus célèbres de l'histoire financière.
La chronologie des prédictions ratées depuis 2008
Depuis cette victoire légendaire, Burry s'est transformé en Cassandre permanente — prophétisant crash après crash qui ne se sont jamais matérialisés, ou seulement bien après ses capitulations.
Le fiasco Tesla (2021)
En décembre 2020, Burry a commencé à critiquer Tesla publiquement, qualifiant sa valorisation de "ridicule." Sa déclaration SEC de mai 2021 a révélé des options de vente représentant 800 100 actions Tesla d'une valeur notionnelle de ~$534 millions soit 40% de son portefeuille. "Mon dernier Big Short devient de plus en plus gros," tweetait-il.
Résultat : Tesla a doublé après sa déclaration. Burry a capitulé en octobre 2021, qualifiant sa position de "simple trade." L'ironie cruelle : Tesla s'est effectivement effondré de 70% fin 2022... un an après qu'il a fermé sa position à perte.
Les puts catastrophiques de 2023
En août 2023, ses déclarations SEC ont révélé une position baissière massive :
- $866 millions en puts sur le SPY (S&P 500)
- $739 millions en puts sur le QQQ (Nasdaq 100)
- Total : ~$1,6 milliard de valeur notionnelle
Le coût réel pour construire cette position était d'environ $26,5 millions. Le Nasdaq venait de réaliser son meilleur premier semestre en 40 ans.
Résultat : Perte estimée de ~40% ($10-11 millions). Le S&P 500 a progressé de 25% en 2023. Ces options ont expiré pratiquement sans valeur.
En janvier 2023, Burry a posté un simple mot : "Sell." Puis a supprimé son compte. Deux mois plus tard, il a tweeté : "J'avais tort de dire de vendre. Il n'y a jamais eu de génération BTFD comme vous depuis les années 1920. Félicitations."
Les tweets supprimés : une stratégie de Cassandre
Burry a adopté le pseudonyme Twitter "Cassandre" — la prophétesse grecque condamnée à ne jamais être crue. C'est révélateur d'une psychologie particulière : se positionner perpétuellement comme celui qui voit ce que les autres ne voient pas.
Son mode opératoire est devenu légendaire : tweeter une prédiction alarmiste, puis la supprimer dans les heures ou jours qui suivent. Des comptes d'archive (@BurryArchive) ont documenté plus de 855 tweets supprimés. Il efface son compte Twitter environ trois fois par an.
Ses justifications varient :
- "La SEC nous a rendu visite à cause de mes tweets" (mars 2021)
- Blocage des bots et promoteurs crypto
- Se sentir "cancelled"
Cette tactique lui permet de maintenir une aura de prophète incompris tout en évitant la responsabilité de ses erreurs. Quand une correction finit par arriver, même des années plus tard, il peut revendiquer d'avoir "averti."
Ses citations les plus célèbres révèlent le pattern
> "Les gens me demandent toujours ce qui se passe sur les marchés. C'est simple : la plus grande bulle spéculative de tous les temps dans toutes les choses. De deux ordres de grandeur." — Juin 2021
> "Tout ce battage médiatique ne fait qu'attirer le retail avant la mère de tous les crashs." — Juin 2021
> "Je suis peut-être en avance, mais je n'ai pas tort." — *The Big Short*
> "Pour moi, si ma thèse se réalise à quelques années près, je suis content." — Interview
Cette dernière citation est particulièrement révélatrice : être "à quelques années près" en trading équivaut souvent à avoir tort. Les coûts de portage, les appels de marge, et les opportunités manquées rendent cette approche économiquement désastreuse.
La performance réelle du fonds : un paradoxe troublant
Voici le paradoxe Burry : son fonds a généralement battu le marché, mais ses prédictions publiques ont un taux d'échec de ~71%.
Les investisseurs qui ont répliqué ses positions 13F ont généralement surperformé. Ceux qui ont suivi ses tweets ont généralement sous-performé.
L'explication probable : Burry trade de manière nuancée avec des hedges et des positions contrariantes, mais communique de manière sensationnaliste. Sa persona publique de "prophète du doom" ne reflète pas sa gestion de portefeuille réelle.
La liquidation finale et le dernier pari AI
En octobre 2025, Burry a annoncé la liquidation de Scion Asset Management, déclarant : "Mon estimation de la valeur des titres n'est pas maintenant, et n'a pas été depuis un certain temps, en phase avec les marchés."
Son dernier dépôt 13F (novembre 2025) révèle un ultime pari baissier :
Ce pari représente 79,5% de son portefeuille final. C'est son "Big Short 3.0", une conviction que la bulle IA éclatera.
Ce que le bilan révèle vraiment
Le cas Burry illustre un phénomène courant : un seul succès spectaculaire peut créer une réputation qui survit à des décennies de sous-performance relative. Depuis mars 2009, le S&P 500 a progressé d'environ +795%. Quiconque a écouté les avertissements répétés de Burry et est resté sur la touche a manqué l'un des plus grands bull runs de l'histoire.
Le pattern est clair : identifier des risques systémiques n'équivaut pas à les timer correctement. Comme le résume une analyse : "Repérer la tempête est une chose ; timer le tonnerre en est une autre."
Burry reste un analyste brillant capable de déceler des fragilités structurelles. Mais son biais permabear et son besoin de jouer Cassandre l'ont transformé en "celui qui crie au loup", un avertissement pour ceux qui confondent intelligence analytique et capacité à timer les marchés.
Conclusion
Michael Burry incarne le danger de mythifier un seul succès. Son coup de 2008 était réel et mérité : $825 millions de profits, une analyse que personne d'autre n'avait faite, un courage de maintenir sa conviction pendant deux années de pertes. Mais les 16 années suivantes racontent une histoire différente : celle d'un investisseur qui n'a jamais retrouvé ce moment de clarté, multipliant les alertes au crash dans un marché qui refusait obstinément de s'effondrer.
Le fait qu'il liquide son fonds en 2025, tout en plaçant un dernier pari massif contre l'IA, suggère soit une conviction ultime, soit une incapacité à s'adapter à un paradigme de marché qu'il ne comprend plus. L'histoire jugera ce dernier trade. Mais pour ceux qui ont suivi ses conseils publics depuis 2009, le verdict est déjà tombé : le génie de 2008 est devenu le permabear qui a raté le bull run du siècle.
Ses prédictions catastrophistes se sont révélées fausses dans environ 71% des cas selon les analyses disponibles. Plus révélateur encore : il vient d'annoncer la liquidation de son fonds Scion Asset Management en octobre 2025, avouant que son "estimation de la valeur des titres n'est plus, et n'a pas été depuis un certain temps, en phase avec les marchés."
Le coup de génie de 2008 : une légende méritée
L'histoire de Burry est celle d'un médecin atteint d'Asperger qui, grâce à une analyse obsessionnelle des prospectus de prêts hypothécaires subprime, a identifié ce que personne d'autre ne voyait. Dès 2005, il a convaincu Goldman Sachs et Deutsche Bank de lui créer des *credit default swaps* — des instruments d'assurance contre la faillite de titres adossés à des créances hypothécaires. Pendant deux ans, il a payé des primes colossales (~$100 millions) pendant que ses investisseurs se révoltaient.
Le résultat final fut spectaculaire : +489% de rendement net entre novembre 2000 et juin 2008, contre seulement +2% pour le S&P 500. Scion Capital a généré $725 millions de profits pour ses investisseurs, et Burry a personnellement empoché $100 millions. Christian Bale l'a immortalisé dans The Big Short. Ce trade reste l'un des plus célèbres de l'histoire financière.
La chronologie des prédictions ratées depuis 2008
Depuis cette victoire légendaire, Burry s'est transformé en Cassandre permanente — prophétisant crash après crash qui ne se sont jamais matérialisés, ou seulement bien après ses capitulations.
Le fiasco Tesla (2021)
En décembre 2020, Burry a commencé à critiquer Tesla publiquement, qualifiant sa valorisation de "ridicule." Sa déclaration SEC de mai 2021 a révélé des options de vente représentant 800 100 actions Tesla d'une valeur notionnelle de ~$534 millions soit 40% de son portefeuille. "Mon dernier Big Short devient de plus en plus gros," tweetait-il.
Résultat : Tesla a doublé après sa déclaration. Burry a capitulé en octobre 2021, qualifiant sa position de "simple trade." L'ironie cruelle : Tesla s'est effectivement effondré de 70% fin 2022... un an après qu'il a fermé sa position à perte.
Les puts catastrophiques de 2023
En août 2023, ses déclarations SEC ont révélé une position baissière massive :
- $866 millions en puts sur le SPY (S&P 500)
- $739 millions en puts sur le QQQ (Nasdaq 100)
- Total : ~$1,6 milliard de valeur notionnelle
Le coût réel pour construire cette position était d'environ $26,5 millions. Le Nasdaq venait de réaliser son meilleur premier semestre en 40 ans.
Résultat : Perte estimée de ~40% ($10-11 millions). Le S&P 500 a progressé de 25% en 2023. Ces options ont expiré pratiquement sans valeur.
En janvier 2023, Burry a posté un simple mot : "Sell." Puis a supprimé son compte. Deux mois plus tard, il a tweeté : "J'avais tort de dire de vendre. Il n'y a jamais eu de génération BTFD comme vous depuis les années 1920. Félicitations."
Les tweets supprimés : une stratégie de Cassandre
Burry a adopté le pseudonyme Twitter "Cassandre" — la prophétesse grecque condamnée à ne jamais être crue. C'est révélateur d'une psychologie particulière : se positionner perpétuellement comme celui qui voit ce que les autres ne voient pas.
Son mode opératoire est devenu légendaire : tweeter une prédiction alarmiste, puis la supprimer dans les heures ou jours qui suivent. Des comptes d'archive (@BurryArchive) ont documenté plus de 855 tweets supprimés. Il efface son compte Twitter environ trois fois par an.
Ses justifications varient :
- "La SEC nous a rendu visite à cause de mes tweets" (mars 2021)
- Blocage des bots et promoteurs crypto
- Se sentir "cancelled"
Cette tactique lui permet de maintenir une aura de prophète incompris tout en évitant la responsabilité de ses erreurs. Quand une correction finit par arriver, même des années plus tard, il peut revendiquer d'avoir "averti."
Ses citations les plus célèbres révèlent le pattern
> "Les gens me demandent toujours ce qui se passe sur les marchés. C'est simple : la plus grande bulle spéculative de tous les temps dans toutes les choses. De deux ordres de grandeur." — Juin 2021
> "Tout ce battage médiatique ne fait qu'attirer le retail avant la mère de tous les crashs." — Juin 2021
> "Je suis peut-être en avance, mais je n'ai pas tort." — *The Big Short*
> "Pour moi, si ma thèse se réalise à quelques années près, je suis content." — Interview
Cette dernière citation est particulièrement révélatrice : être "à quelques années près" en trading équivaut souvent à avoir tort. Les coûts de portage, les appels de marge, et les opportunités manquées rendent cette approche économiquement désastreuse.
La performance réelle du fonds : un paradoxe troublant
Voici le paradoxe Burry : son fonds a généralement battu le marché, mais ses prédictions publiques ont un taux d'échec de ~71%.
Les investisseurs qui ont répliqué ses positions 13F ont généralement surperformé. Ceux qui ont suivi ses tweets ont généralement sous-performé.
L'explication probable : Burry trade de manière nuancée avec des hedges et des positions contrariantes, mais communique de manière sensationnaliste. Sa persona publique de "prophète du doom" ne reflète pas sa gestion de portefeuille réelle.
La liquidation finale et le dernier pari AI
En octobre 2025, Burry a annoncé la liquidation de Scion Asset Management, déclarant : "Mon estimation de la valeur des titres n'est pas maintenant, et n'a pas été depuis un certain temps, en phase avec les marchés."
Son dernier dépôt 13F (novembre 2025) révèle un ultime pari baissier :
- $912 millions en puts sur Palantir
- $187 millions en puts sur Nvidia
- Total : ~$1,1 milliard contre les actions IA
Ce pari représente 79,5% de son portefeuille final. C'est son "Big Short 3.0", une conviction que la bulle IA éclatera.
Ce que le bilan révèle vraiment
Le cas Burry illustre un phénomène courant : un seul succès spectaculaire peut créer une réputation qui survit à des décennies de sous-performance relative. Depuis mars 2009, le S&P 500 a progressé d'environ +795%. Quiconque a écouté les avertissements répétés de Burry et est resté sur la touche a manqué l'un des plus grands bull runs de l'histoire.
Le pattern est clair : identifier des risques systémiques n'équivaut pas à les timer correctement. Comme le résume une analyse : "Repérer la tempête est une chose ; timer le tonnerre en est une autre."
Burry reste un analyste brillant capable de déceler des fragilités structurelles. Mais son biais permabear et son besoin de jouer Cassandre l'ont transformé en "celui qui crie au loup", un avertissement pour ceux qui confondent intelligence analytique et capacité à timer les marchés.
Conclusion
Michael Burry incarne le danger de mythifier un seul succès. Son coup de 2008 était réel et mérité : $825 millions de profits, une analyse que personne d'autre n'avait faite, un courage de maintenir sa conviction pendant deux années de pertes. Mais les 16 années suivantes racontent une histoire différente : celle d'un investisseur qui n'a jamais retrouvé ce moment de clarté, multipliant les alertes au crash dans un marché qui refusait obstinément de s'effondrer.
Le fait qu'il liquide son fonds en 2025, tout en plaçant un dernier pari massif contre l'IA, suggère soit une conviction ultime, soit une incapacité à s'adapter à un paradigme de marché qu'il ne comprend plus. L'histoire jugera ce dernier trade. Mais pour ceux qui ont suivi ses conseils publics depuis 2009, le verdict est déjà tombé : le génie de 2008 est devenu le permabear qui a raté le bull run du siècle.
Penafian
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